Les humeurs de Kiki Bretelle…

Aujourd’hui :Le Wicoucou,réhabilitation d’une espèce

  

   Parmi les plus grands mystères que l’homme ait eu à appréhender,celui engendré par l’étrange Wicoucou (Wicox Capitis) demeure une des plus phénoménales énigmes après l’Atlantide et Sim.Mythe ou réalité,cet animal dont les premières traces remontent à Pline l’ancien(« Quid bizarrum non tactilae ! » comme il disait),traversa les siècles, suscitant nombre de recherches fiévreuses se heurtant parfois à l’obscurantisme des nihilistes de tout poil.

Car contrairement au Dahu issu des fantasmes improbables de l’inconscient collectif,le Wicoucou,faute de preuve, existe bel et bien.

Le premier homme a avoir décrit avec précision cet être à la fois gracieux et complètement idiot,fut Sir John John en 1852 alors parti capturer des sangsues au fin fond de la Patagonie,et qui fit part dans ces fameux « Carnets Fondamentaux »,d’une rencontre avec «  ..une chose qui pourrait s’affirmer comme l’enfant naturel  du Ganurcien d’Abyssinie  et du Ciplok cendré des Maldives ».

 

          Document rare : Sir John John à côté de ses boys noirs avant de se lancer dans sa fameuse expédition(région de Macadon,1852)

                                                       

 

 

                                               

 Plusieurs autres témoins permettront par la suite d’établir une description plus affinée de l’animal .Appartenant à l’ordre des Palidinés,il possède comme il se doit un museau aplati et légèremment retroussé lui conférant un air imbécile et totalement incrédible devant n’importe quel banquier.Son corps est recouvert d’une sorte de carapace  appelée Pédigule dont la texture oscille entre le mou et le pas mou.Bipède plus haut que son cul(car son orifice anal est situé sous son pied droit,le gauche étant réservé a l’accueil des indésirables),le Wicoucou se déplace en tournant sur lui même ,une de ses pattes se trouvant être plus grosse que l’autre.Ce déséquilibre flagrant lui occasionne bien des rencontres impromptues et explique le museau beaucoup plus aplati de certains.A l’instar de l’écureuil,son lointain cousin du côté de sa mère,le Wicoucou détient cette faculté de régénérer naturellement toute dent perdue.Cependant,facétie de la nature,il arrive parfois que cette substitution se fasse de maniére quelque peu anarchique.Ainsi a-t-on noté chez certains spécimens que ces dents déficientes se trouvaient remplacées par un appendice auriculaire supplémentaire.Il existe de ce fait des Wicoucous couverts d’oreilles et complètement édentés, ce qui n’arrange en rien une esthétique déjà minimaliste.De plus,malgré tout cela,le Wicoucou est sourd comme un pot.Tellement sourd qu’il lui arrive de ne pas entendre quand il s’appelle.C’est aussi pour cela,que cet animal ne possède aucun disque de Richard Anthony.

 Se nourrissant principalement d’insectes,le Wicoucou se nourrit essentiellement d’insectes.il est insectivore ascendant sans dent,comme je l’ai signalé plus haut.Il chasse principalement la nuit,et pour cela,mange assez peu,car les insectes, à ces heures là,ils roupillent.Mais comme je me tue à vous le répéter,le Wicoucou est l’animal le plus con après le Dindon astigmate de Futuna.Il est si stupide,qu’on en a même vu essayer de se reproduire avec un arbre.

Et puisqu’on en parle,parlons en.Pour séduire sa belle,enfin si on peut dire,le Wicoucou pousse un cri spécifique de la période des amours.On dit qu’il peugme(ou barfoune,selon certains auteurs).Cette vocalise gutturale se situe approximativement entre le brame du cerf et la départementale D675.La femelle est séduite par cet appel.Forcément,c’est tellement beau.Elle lui répond alors par l’émission d’un gaz largement fermenté qu’elle libère à intervalle régulier ( 1 minute37 étant pour l’heure le record du monde entre deux effluves).On dit qu’elle zipoute(ou qu’elle schlingue selon certains auteurs ).Le mâle ne se sentant plus de joie ,se met alors à traduire en trois langues(dont le sanskri !) un texte de Philémon d’Ortessac,en l’occurrence son fameux « Précis d’Acupuncture ,Méthodologie et Application,Pour une cuisine sans huile».Puis,sans faiblir,il assène brutalement la vérité à sa logeuse,une brave personne,qui,si elle n’a pas inventé le fil à désosser les bœufs,n’en demeure pas moins un modèle de dévouement et de coloriage.Tout ceci s’accomplit de maniére concommitente à une poussée hormonale agnostique (le Wicoucou s’esbouque à tout -va) déchainant les pulsions les plus virulentes , trés éloignées  en fait de la canonnière du Yang Tsé.Il court,il court ; c’est merveilleux de voir un truc aussi laid courir comme cela !Et alors que la violence de ses ardeurs est à son comble , Wicox Capitis es emulare non perfidii quo vitalum !(Le Wicoucou prend sa correspondance à 8 heures !).Et sans faux col…On croit réver.Mais il ne s’agit point d’un rêve, car comme l’a dit Solmaya Hunrudj,le chantre de l’apoplexie cosmique, «… ce n’est pas un slip en coton qui me tiendra la tête au chaud..  ».

On estime à ce jour la population wicoxienne à environ 43 représentants (ou 2568420 selon les syndicats) .

Il va sans dire.

Mais ce n’est qu’une hypothèse parmi d’autres et il serait mal venu de ma part d’en extraire une quelconque théorie quand tant de marins et de capitaines ont vu se fracasser sur les récifs expéditifs du naturalisme progressite,leurs espérances contrariées.

J’en resterai donc là.Le Wicoucou demeure le symbole d’un écosystème chancellant mais altruiste,où l’homme vivant d’expédiants,tente de forger son chemin et tracer son esprit , si ce n’est l’inverse, tout en gardant au fond de lui.Mais c’est pas facile tous les jours.

« -Verbinum malici sed garugnae ?

   -Julicam perdui est quapolmi! »*  

Et tout en revenant de Nantes,je vous prie d’agréer mes vues de l’esprit.

                                                                                                                                K.B.

 

 

*« -C’est combien salope ?

    -Tu perds ton temps,je suis le facteur !  »                                                 xolp